C'est soudain, c'est immédiat. La boule à la gorge et au ventre que je n'avais pas ressentis depuis quelques mois maintenant. Je pensais être assez forte pour surmonté encore une fois une nouvelle étape de ma vie familiale. Bein faut croire que non.
Ma maison, la maison de ma vie, la maison de mon enfance, la maison de mes souvenirs les plus beaux est dorénavant vendu. J'en avais fait pourtant le deuil, en revanche, je ne m'étais pas préparer au reste.
Vendredi après-midi, ma maman et moi sommes aller la voir, notre maison de Sauvian. A peine la voiture garé, que je me suis mise à pleurer. Je savais pertinemment que ce serait la dernière fois que je rentrerais dans ce que jappelle "mon chez moi".
Le divorce de parents est une épreuve dure, dans n'importe quel cas. Que nous l'avouons ou que nous ne l'avouons pas. Mais en tant qu'enfant de parents divorcés, il est vrai que je gardais toujours ce tout rikiki espoir dans mon rikiki c½ur. Ne serait-ce (comme ils disaient) "à l'amiable". Bein faut croire que je me trompais encore une fois!
Mais lorsque le seul lien qui reste part en lambeau, qu'il doit être donner, et pire encore, que c'est "normal", que cela doit être fait, que c'est la loi, que c'est un droit, mais surtout que un "CHOIX"... Là oui, là ça fait mal...
En rentrant dans ma maison, je revus tous mes souvenirs, et même les plus minimes. En partant par les noëls joyeux en famille, je me revoyais euphorique lors de l'ouverture de mes cadeaux. Des danses improvisaient pour Caroline, Laura, Noémie et moi lors de mes anniversaires. Des coups de pieds au cul que je prenais lorsque Papa ouvrait mes bulletins catastrophiques. De Yper, mon chien, qui courait à toute allure dans toute la maison afin de pouvoir s'échapper pour allé écrabouiller les cochons dindes, chats, lapins, et autres animaux lui servant de jouets. Je me suis souvenu aussi des petits détails... Comme lorsque Sébastien me criait dessus dès mon réveil pour que j'aille mettre mes lunettes, ou pour même vider le lave vaisselle. De maman qui faisait du très bon repas, mais toujours très tard à cause de son travail tardif. Des soirées dvds que l'on regardait avec des énormes magnums sur le canapé... J'en ai encore d'autres... Mais j'en aurais pour des heures si je voulais tout citer.
Après ce phénomène de remémoration, j'ai perdu la boule au ventre quelques instants. Juste le temps de voir qu'elle était belle. Qu'elle avait toujours cette odeur apaisante, celle qui me réconfortait toujours. C'était uniquement dans cette maison que je me sentais en sécurité.
Puis, j'ai eu un flash, deux plus précisément. La première était celle du départ de Maman, il y a 4 ans maintenant je crois. Puis suivi la deuxième, celle où je suis partit.
Encore maintenant, je me demande comment j'en suis arriver à ce stade... Et là, les larmes sont revenu encore. Je les ai vite sécher pour que Maman ne se doute de rien. Elle avait assez de mal à marcher dans la maison, je ne devais surtout pas en rajouter une couche.
J'ai revisitais ma maison, il n'y a avait presque plus de meubles, mais j'arrivais à me les imaginer. Je suis ensuite aller directement dans le jardin, car c'est le seul endroit qui n'avait pas connu de malaise familial. C'était le seul lieu de la maison, qui avait le don de n'être qu'un lieu bon à vivre. Lorsque nous étions dans le jardin, c'est que tout aller bien. Sébastien jouait avec Yper, moi je construisais "ma cabane au fond du jardin", Maman jardinais ses roses, et Papa soignait ses oliviers. En sortant du jardin, je me suis même souvenu instinctivement qu'il fallait soulever la poignée pour la fermer à clef. Là, la boule au ventre est encore revenu... Je me voyais faire ce geste au ralenti, en n'oubliant pas que ce serait la dernière fois que je fermerais cette porte. Malgré ma détermination, les larmes sont tout de même tomber devant les yeux de ma Maman. Me voyant lâcher prise, elle fit de même. Enlacer toutes les deux, respirant son odeur rassurante, elle me chuchota à mon oreille: "C'est ma faute, je suis désoler, c'est ma faute ..."
C'est vrai ça? Au bout du compte, au bout de 4 ans... A qui est-ce la faute tout ça ?
Suis-je la seule dans les quatre membres de la Famille Chenal-Imbernon à voir qu'il n'y a AUCUN responsable à tout ça? Chacun à sa part de responsabilité, plus ou moins grave, c'est vrai. Mais dans cette histoire familiale, nous avons tous nos part d'erreur. Et j'en ai vraiment marre d'entendre une fois par mois l'un de nous engueulant des absurdités sur les uns et les autres. Je suis fatigué de tout ce stress, de tout ces pleurs, de toute ces tensions, pour ne pas dire "insultes". Oui je responsable Papa, autant que vous, autant que Maman, et je ne parle pas du divorce, car cela aurait bien pu se passer si tout le monde, et je dis bien "TOUT LE MONDE" y avait mit du sien. Je vis continuellement avec les erreurs du passé sur mon dos, avec des reproches. Mais les erreurs ne servent-elle pas à avancer au lieu de reculer? Je sais bien que c'est un discours bateau, tu vas surement me dire que "la vie c'est pas ça Margot, dans la vie il faut travailler pour avoir à manger sur la table!"
Tu as toujours vécu sous cette citation là, qui n'est pas fausse, mais que manque totalement d'amour.
Tu voulais savoir pourquoi je ne te parle plus? Pourquoi je ne veux plus te voir?
Alors je vais te donner la réponse sous forme de questions...
Pourquoi, toi, tu ne parles plus à ton père depuis des années?
C'est une question et une réponse Papa.
Oui, tu as raison, j'ai été minable, irrespectueuse envers toi... Mais il n'y a que ça qui marche pour t'ouvrir les yeux. Oui, tu as raison aussi de penser que je ne devrais pas te faire passer ce message sur un blog lu par des tas de gens, par des tas copains à moi. Mais c'est la seule façon que j'ai trouvé pour arriver à "communiquer" avec toi, car c'est la seule chose que tu ne m'a pas appris à faire, car même toi tu n'y arrives pas.
Ce que j'essaie de dire Papa, c'est que même si j'ai fait des choses affreuses, même si je suis une horrible fille gâté pourri, inculte, ayant un poil dans la main... Les choses changent, et tu ne m'as pas laisser assez de temps pour pouvoir acquérir tout ça... Tu ne t'y es pas pris de le bonne manière, et tu as oublier quelques notions de vie au passage... Tu as fait des erreurs, que moi j'arriverais à pardonner, que j'arriverais à oublier. Mais est ce que toi tu le pourrais envers moi? Est-ce que toi tu arriverais à m'aimer pour ce que je suis, et non pas pour ce que tu voudrais que je sois? Est-ce que toi tu arriverais à me dire à haute voix "Je t'aime"? Est-ce que toi tu arriverais à prendre du recul sur toutes ces situations catastrophiques que nous avons depuis quatre ans maintenant? Tu disais à une époque, en parlant de ton père, que ce n'était pas à toi de venir vers lui, tu penses toujours que c'est aux parents de venir vers les enfants lorsque il y a des disputes? Est-ce que tu es capable de montrer autre chose de toi, car je sais que n'est pas ce que tu parais être... Je sais que si tu le veux bien, tu peux arriver à me faire autre chose que du mal... Essaie de te remettre en question s'il te plait, je te le demande.
Tu es mon père, et tu as de raison de penser que je ne devrais pas te dire tout ça, que je devrais fermer ma bouche, avec ma langue trop bien pendu... Tu as tout à fait raison, je suis ta fille, et je ne devrais rien te dire... Je n'aurais pas du partir de la maison comme je l'ai fait, oui ... Je reconnais toutes les choses que tu me reproches. Mais ce que tu ne comprends pas, c'est que je suis presque identique à toi. Qu'as-tu fais lorsque ton père et ta mère te mettaient plus bas que terre?
J'ose être comme ça avec toi, car j'ai ton caractère. Pas les même opinions, c'est certain, mais j'ai tout de même irrité de ton fichu caractère. Je suis différente de toi en ce qui concerne la génération. Car oui la télé qui j'ai regardé durant 19 ans m'a abruti le cerveau comme tu dis. J'ai pris exemple sur les autres, comme une adolescente "normale". Tu vas me dire que tu te fous des autres ... Mais pourtant c'est ce qui s'est produit. J'ai appris ce que faisait les insultes, une brûlure inoubliable. Alors lorsque je me sentais brûler par tes reproches, par tes coups de pieds au cul, par ton regard qui en disait très long sur moi... Je me retrouvais qu'avec cette esprit de vengeance en moi, qui voulait te faire autant de mal que tu m'en faisais...
Je ne vais pas m'étendre sur les explications, je suis déjà en larmes... Donc stop pour le moment sur ce sujet là Papa, j'espère t'avoir ouvert l'esprit un minimum pour que tu puisses lire la suite.
Nous avons déménager les quelques meubles qui restaient maman et moi. J'ai trouvé comme tu devais t'en douter les cendres de Yper. Notre chien qui était soit disant en centre de reproduction chez une vieille dame.
Je voulais que tu saches toi ainsi que Sébastien, que j'ai moi même déposer Yper dans tout le jardin de derrière de la maison de Sauvian. J'ai pensé que c'était l'endroit le plus approprié pour lui... Ainsi que pour nous, car personnellement, même si légalement cette maison est vendu, et appartient dorénavant à d'autres personnes que nous, pour moi, elle reste mon unique maison. Et elle restera toute ma vie MA maison, ainsi que celle d'Yper.
Mon seul rêve maintenant est de pouvoir un jour, si j'en aurais les moyens, de pouvoir la racheté. Je serais bien heureuse de savoir que Yper est toujours là.
J'ai vu de la famille Chenal aussi, dans le mois, c'était un dimanche. Bébelle m'a gentiment proposer de venir avec elle à Olargue. J'ai donc demander à maman de m'accompagner, car je ne me sentais pas d'y aller seule. Donc ne pense pas que c'est Maman qui a voulu y allé pour foutre la merde ou autres... Ce n'est pas le cas. J'y ai vu Charly et sa copine, Laura, la petite Pauline qui a drôlement grandi, Jack qui lui n'a pas bouger du poil, Caroline qui est toujours aussi gentille et douce. Caroline m'a parlé du seul Papi qu'il me reste à présent... J'en ai entendu que du bien.
Je tiens à te dire que je compte ce mois ci, ou le prochain aller voir ton Papa. Car je pense que les questions que je me pose depuis des années sur toi, sur tes comportements envers moi viennent surement de là, de ton passé à toi... Je pense que Papi pourra me donner quelques explications. Ci ce n'est pas la cas, et bien tant pis, j'apprendrais à découvrir le Papi d'Olargue si connu de tous, sauf de moi.
Je n'ai rien d'autres à ajouter, si ce n'est que tu me manques Papa, ainsi que Sébastien, mais là encore c'est autres choses. Même si j'en dit le contraire, ou que je me tais. Vous me manquez quoi qu'il en soit.